09 décembre 2008
Les Traditions de Yule
LES TRADITIONS DE YULE
Par Dawn, traduction et adaptation Yuna Minhaï
Bonjour à tous !
Beaucoup
des traditions de Yule, Noël etc, ont des origines qui nous sont plus
ou moins familières. Je vous propose un petit retour sur les
différentes traditions de Yule, qui parfois tirent leur origine des
siècles en arrière. N'hésitez pas à compléter cet article où à en
corriger les informations s'il s'avère qu'il y a des erreurs !
Le Festin
Le
Sostice d'hiver se déroule au moment ou le Soleil entre dans le signe
du Capricorne, et on prétend que Saturne, la planète qui régit le
Capricorne, était également maîtresse au moment de l'Age d'Or, lorsque
la terre était féconde et en harmonie. A cette époque de l'année, les
Romains recouvraient leurs maisons de branches d'arbre à feuilles
persistantes. Les gens s'offraient des présents l'un à l'autre et on
passait outre toutes les distinctions sociales : les maîtres offraient
un festin à leurs esclaves et domestiques, etc...
La bûche de Yule
Les
Païens saxons célébraient le festin de Yule en allumant de nombreux
feux de camp, de cheminée, etc. La bûche de Yule en est notre dernier
vestige. [...] NDLT : Je vous invite à consulter l'article consacré à
la bûche de Yule pour d'avantage d'informations.
L'arbre de Yule
L'arbre
de Yule a de nombreuses symboliques : il représente la continuité de la
vie, mais également la protection et la prospérité. Il est associé aux
Dieux et Déesses : Herta, Cybèle, Attis, Dionysos, mais également aux
esprits de la forêt issus de différentes traditions. Cette tradition
est née de diverses croyances païennes. Dans de nombreuses cultures,
les arbres à feuillage persistants étainet considérés comme des
symboles de vie au court de la saison représentant la mort. Le fait de
le décorer est un moyen de célébrer la vie éternelle. Dans son livre
"The Solstice Evergreen", Sheryl Ann Karas avance que le plus ancien
arbre décoré dont on connait l'existence date de 1519 et se trouvait à
Riga en Lettonie. A cette époque, un groupe de marchands transportaient
des arbres à feuillages persistants, recouverts de fleurs, sur les
marchés, où ils dansaient tout autour avant de les brûler. La tradition
moderne de l'arbre de Noël a été introduite à la cour de la reine
Victoria par son mari, le Pince Albert, et était considérée comme une
tradition de son pays natal, l'Allemagne.
Les Anges au sommet de l'arbre
Dans
certaines régions d'Allemagne, les gens plaçaient de petites sorcières
au lieu des anges au sommet de l'Arbre de Yule, sans doute en hommage
au troisième aspect de la Déesse, la Vieille Femme, qui dirrige cette
partie-là de l'année. Placer une bougie, ou toute autre lumière au
sommet de l'arbre est un autre symbole de renaissance du soleil. Plus
tard, les catholiques ont adapté cette croyance à l'Ange annonçant la
naissance de l'enfant Jésus.
Les bonhommes en pain d'épice
Il
est dit qu'autrefois, les tribus germaniques sacrifiaient leurs
prisonniers en honneur du Dieu de la victoire, en les accrochant la
tête en bas à des arbres pendant 9 jours (ce qui n'est pas sans
rappeler le mythe d'Odin, à la recherche de la sagesse et de la
connaissance des Runes). A la fin des périodes de guerre, les
prisonniers ont été remplacés par des bonhommes en pain d'épice,
symbolisant leur demande d'aide au Dieu, tout au long de la saison
hivernale. Une autre légende raconte que Saint Nicolas a récupéré un
peu de grain issu d'un navire traversant Myra au cours d'une famine. Il
en garda une poignée et utilisa le reste pour fabriquer un pain à son
image. Saint Nicolas a maintenant son propre gâteau : le Speculatius,
un gâteau au pain d'épice représentant un évêque.
Le roi Houx et le roi Chêne
Nous
célébrons la Lumière qui prend le pas sur l'Obscurité, comme deux
frères qui s'affrontent au cours de l'année, les faces opposées d'une
même pièce. Le roi Chêne est le maître de l'année, du Solstice d'Hiver
au Solstice d'été et le roi Houx préside les 6 mois restants. Au moment
de Yule, le roi Chêne coupe la tête du roi Houx et reprend sa place sur
le trône, jusqu'à Midsummer ou l'inverse se passe. Et ainsi de suite
dans un cycle sans fin. On peut retrouver des vestiges de ce mythe dans
le conte de Sire Gauvain et le Chevalier vert. De même, Janet et
Stewart Farrar leur ont dédié un chapitre entier, dans leur livre "The
Witches' God".
Les chandelles, lumières et torches
Le
festin des Saturnales (en l'honneur du dieu Saturne) a été établi par
les Romains bien avant qu'ils envahissent la grande Bretagne, et était
célébré du 12 au 17 décembre. Les maîtres et les domestiques se
rassemblaient et s'offraient des "cadeaux de lumière", tout
particulièrement des chandelles, en l'honneur des Dieux solaires pour
l'arrivée du Solstice. Les Païens allument également des chandelles à
Minuit le soir du Solstice pour symboliser la renaissance du Dieu et de
la lumière au cœur de l'obscurité. De même, la bougie de Noël, une
grande bougie pillier rouge décorée de houx et autres plantes à
feuillage persistant, était une coutume très répandue à travers la
Grande Bretagne, l'Irlande et la Scandinavie. Une personne,
généralement la plus agée de la maisonnée, était désignée comme le
porteur de lumière. Elle avait pour mission d'allumer toutes les
bougies pour la première fois avant le festin, et au cours des 12 soirs
autour de Noël. Pour l'éteindre, elle devait pincer la mèche à l'aide
de deux doigts plutôt que de souffler sur la flamme, attirant ainsi la
chance sur la maisonnée ainsi que la bénédiction divine. De plus, cela
protégeait les demeurs d'éventuels incendies accidentels. Dans d'autres
croyances, on laissait brûler une chandelle toute la nuit lors du
Solstice, coutume toujours usitée en Irlande par exemple. Pour d'autres
encore, c'était le plus jeune de la maisonnée qui devait allumée la
chandelle, comme symbole du macrocosme accueilli dans le microcosme.
Juno Lucina, la Mère des Lumières, était une déesse de la fertilité,
que l'on honorait à l'aide de torches enflammées et de feux de camps à
Rome, au début du mois de décembre.
La nouvelle année
Comme
nous l'avons souligné plus haut, les Romains célébraient le festival
des Saturnales, une fête de 12 jours qui marquaient la fin de l'année
et le début de la suivante. Dans les croyances nordiques, le retour du
Soleil marque lui aussi le début d'une nouvelle année, qui était
célébrée 12 jours après la période de Noël.
Le houx
On
accrochait du houx en l'honneur du Roi Houx dans les traditions
païennes, et c'est une tradition qui perdure encore aujourd'hui dans
certains maisons. Il symbolise le Soleil renaissant, la protection, la
chance et était particulièrement utilisé pour décorer les portes, les
fenêtres et les cheminées en raison de ses formes pointues, pour
repousser les mauvais esprits qui risqueraient de rentrer dans la
maison. Les Romains aussi accordaient une grande importance au houx et
cette plante faisait partie des cadeaux qui étaient échangés às cette
période car il représentait une protection efficace contre la foudre et
les mauvais esprits. Il représentait également l'aspect féminin (les
baies rouges représentant le sang de la femme). A contrario, le lierre
représentait le côté masculin, et il était fréquent de voir des
récorations mêlant les deux plantes, comme un symboles d'union entre
les deux divinités.
Le gui
Autrefois
appelé valériane, cette plante sacrée symbolise la paix, la
propspérité, la guérison, la santé, la fertilité, le repos et la
protection. Les Celtes pensaient que cette plante parasite retenaient
l'esprit de l'arbre qu'elle emprisonnait. C'était ) Alban Arthan (5
jours après la nouvelle Lune suivant le Solstice d'Hiver) que le Druide
coupait le gui du chêne sacré avec une faucille d'or. Les branches
devaient être rattrapée avant qu'elles ne touchent le sol. Les branches
étaient ensuite divisées en plusieurs rameaux et distribuées aux gens
qui les accrochaient à leurs portes d'entrées afin d'éloigner le
tonnerre, les éclairs et les démons. De même, un rameau placé au dessus
du berceau d'un enfant le protégerait des mauvaises fées. Donner un
rameau à la première vache mettant bas après le nouvel an avant la
vertu, disait-on, de protéger le troupeau entier. Dans les croyances
nordiques, cette plante était également considérée comme sacrées. Si
deux guerriers se rencontraient sous une branche de gui, il était de
coutume qu'ils ne se battent pas, mais qu'ils instaurent une trêve
jusqu'au lendemain. D'autres cultures européennes voyaient le gui comme
un aphrodisiaque, ce qui expliquerait en partie la tradition qui
consiste à s'embrasser sous le gui (le gui ne servait pas qu'à
s'embrasser en dessous...). Magiquement, il faisait office d'amulette
de fertilité. Il est intéressant de noter que le gui est généralement
banni des églises à Noël, à cause de ses associations païennes.
Le pain de Noël
En
Suède et au Danemark, l'une des coutume est de cuisiner un pain en
forme de sanglier appelé le... Sanglier de Yule ! Le "festin du
sanglier" a toujours symbolisé la connexion. Il est fait du dernier
grain récolté (généralement appelé "corn"). Généralement il est l'un
des symboles les plus fort de la célébration, et on le garde souvent
jusqu'au retour du Printemps, où il est enterré et ajouté au fourrage
pour les animaux. Parfois il est coupé en deux, la moitié est mangée à
Nouvel an et l'autre moitié est préservée jusqu'au printemps ou elle
reçoit le susdit traitement.
Les chants
On
pense que les chants sont associés à la tradition du "wassailing" ou à
l'époque ou les enfants allaient de maison en maison en chantant,
apportant des paniers, faits de branchages, remplis de clous de
girofle, de farine, d'épis de blés, de pommes et d'oranges. Ces deux
dernières représentaient le Soleil, les branchages (d'arbre à feuilles
persistantes) représentaient l'immortalité, le blé la dernière récolte
et la farine l'accomplissement, la lumière et la vie.
Le Wassailing et les pommes
On
a considéré autrefois la récolte de pommes comme étant l'une des plus
importantes, non seulement pour l'alimentation, mais aussi parce
qu'elles produisaient du cidre. On a ainsi vu bon nombre de rites et de
bénédictions se développer autour des vergers à l'époque du Solstice
d'hiver. Appelés "saining", ces rites consistaient à bénir des arbres
fruitiers préalablement choisis et le bétail afin qu'ils apportent de
la nourriture en abondance pour les saisons à venir. La tradition du
wassailing tire son nom du terme anglo-saxon "waes hael" (qui signifie
être "entier" ou "vigoureux"). Le terme "wassail", en vieil anglais
signifie "votre santé". Cette tradition trouve son origine au 14e
siècle, lorsque le chef d'une réunion prenait un bol et criait "Wassail
!" avant de le donner à ses voisins. Il passait ainsi de personne en
personne, avec un baiser à chaque transmission, jusqu'à ce que chacun
dans la pièce y ait bu.
Les présents
Les
cadeaux et présents sont un thème récurrent du Solstice et de Yule
depuis des milliers d'années. Les gens s'offraient originellement des
cadeaux pour perpétuer la survivance de la communauté et non pas pour
répondre à l'appel de la société de consommation. On partageait de la
nourriture avec ses voisins, ses proches et le bétail pour être sur que
chacun survivra aux durs mois à venir. Comme nous le disions plus haut,
des cadeaux étaient également offerts lors des Saturnales. Dans la
tradition chrétienne, les Mages offrirent des cadeaux à l'enfant Jésus.
Santa Claus, le Père Noël, Saint Nicolas et Kris Kringle
Santa
Claus représente beaucoup de choses : Jupiter enjoué, Saturne souriant,
le vieux Dieu sur le point de renaître. Dans les traditions nordiques
et germaniques, les gens ont conté pendant des siècles les histoires de
l'Elfe de Yule, qui apportait des présents, lors du Solstice, à cux qui
lui avaient laissé des offrandes de porridge. On a aussi parfois
associé Odin, le dieu Nordique, au personnage de Sanda. L'un de ses
titres était Jolnir, le "Seigneur de Yule" et sa ressemblance avec le
vieil homme à la barbe blanche est tout à fait frappante. Sous son
aspect de Saint Nicolas, il est une divinité païenne absorbée par la
tradition chrétienne. L'image du Père Noël a été démocratisée à notre
siècle par la firme Coca Cola, qui a fait de lui ce que l'on connait
aujourd'hui, mais s'est basé sur une tradition bien plus ancienne.
Les rennes
On
ne sait pas vraiment d'où l'idée des rennes tirant un traineau vient
réellement, mais on connait par exemple le "Julbock" ou "Julbukk", la
chèvre de Noël, en Suède et en Norvège, qui était associée autrefois à
Thor. Maintenant elle se charge de transporter les Elfes de Yule (voir
plus haut)
Les résolutions du nouvel an
La
tradition des résolutions du nouvel an tire sans doute son origine
d'une tradition nordique qui consistait faire un serment au moment de
Yule, et plus précisément au 12e jour.
Quelques références en anglais :
Spicer, Dorothy Gladys, The Book of Festivals, The Womans Press 1937
Farrar, Janet and Stewart. The Witches Bible
Cunningham, Scott. Wicca, A Guide for the Solitary Practitioner
Budapest, Z, The Grandmother of Time, Harper and Row, 1989
Cumont, Franz, The Mysteries of Mithra, Dover 1956
Cunningham, Nancy Brady, Feeding the Spirit, Resource Publications 1989
Farias, Helen, "The Magical Ladies of the Thirteen Nights, The Beltane Papers, Issue 2, Samhain 1992
Gimbutas, Marija, The Language of the Goddess, San Francisco: Harper and Row 1989
Gimbutas, Marija, Goddesses and Gods of Old Europe, Thames and Hudson 1982
Karas, Sheryl Ann, The Solstice Evergreen, Aslan 1991
Matthews, John, The Winter Solstice, Quest 1998
Parke, H W, Festivals of the Athenians, Cornell University Press 1977
Walker, Barbara, Encyclopedia of Myths and Secrets, Harper and Row 1983
Warner, Marina, Alone of All Her Sex: The Myth and Cult of the Virgin Mary, Vintage 1976
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