01 décembre 2008
Tradition : la Bûche de Noël
Traditions : La Bûche de Yule/Noël
Dans
beaucoup de foyers, qu'ils soient païens ou non, on retrouve à
l'occasion des célébrations de fin d'année une bûche. Qu'elle soit de
bois ou de glace, cette tradition a su perdurer au cours des ans
jusqu'à aujourd'hui. Bien qu'elle ait considérablement changé et que
beaucoup de gens en aient oublié l'origine.
Cette
origine, d'ailleurs, se rapporte aux traditions païennes, reprises par
la suite par la chrétienté. Nous vous proposons ici un article un peu
plus complet sur la Bûche et son histoire, d'hier à aujourd'hui.
Et vous, faites-vous brûler une bûche dans la cheminée lors de la célébration de Yule ?...
La
bûche de Noël réunissait autrefois tous les habitants de la maison,
tous les hôtes du logis, parents et domestiques, autour du foyer
familial.
La bénédiction de la bûche avec les cérémonies
traditionnelles dont elle se parait n'était que la bénédiction du feu,
au moment où les rigueurs de la saison le rendent plus utile que jamais
: cet usage existait surtout dans les pays du Nord. C'était la fête du
feu, le Licht des anciens Germains, le Yule Log, le feu d'Yule des
forêts druidiques, auquel les premiers chrétiens ont substitué cette
fête de sainte Luce dont le nom, inscrit le 13 décembre au calendrier
et venant du latin lux, lucis, rappelle encore la lumière.
Il
est tout naturel qu'on mette en honneur, au 25 décembre, au cœur de
l'hiver, le morceau de bois sec et résineux qui promet de chauds
rayonnements aux membres raidis sous la bise. Mais, souvent, cette
coutume était un impôt en nature, payé au seigneur par son vassal. A la
Noël, on apportait du bois ; à Pâques, des œufs ou des agneaux ; à
l'Assomption, du blé ; à la Toussaint, du vin ou de l'huile.
Il
arrivait aussi, quelquefois, que les pauvres gens ne pouvant se
procurer des bûches convenables pour la veillée de Noël, se les
faisaient donner. « Beaucoup de religieux et de paysans, dit Léopold
Bellisle, recevaient pour leurs feux des fêtes de Noël un arbre ou une
grosse bûche nommée tréfouet ». Le tréfeu, le tréfouet que l'on
retrouve sous le même nom en Normandie, en Lorraine, en Bourgogne, en
Berry, etc., c'est, nous apprend le commentaire du Dictionnaire de Jean
de Garlande, la grosse bûche qui devait, suivant la tradition, durer
pendant les trois jours de fêtes. De là, du reste, son nom : tréfeu, en
latin tres foci, trois feux.
Partout, même dans les plus humbles
chaumières, on veillait autour de larges foyers où flambait la souche
de hêtre ou de chêne, avec ses bosses et ses creux, avec ses lierres et
ses mousses. La porte restait grande ouverte aux pauvres gens qui
venaient demander un gîte pour la nuit. On leur versait en abondance le
vin, la bière ou le cidre, suivant les contrées, et une place leur
était accordée à la table de famille. On attendait ainsi la Messe de
minuit.
Qu'on se représente les immenses cheminées d'autrefois :
sous leur manteau pouvait s'abriter une famille tout entière, parents,
enfants, serviteurs, sans compter les chiens fidèles et les chats
frileux. Une bonne vieille grand'mère contait des histoires qu'elle
interrompait seulement pour frapper la bûche avec sa pelle à feu et en
faire jaillir le plus possible d'étincelles, en disant : « Bonne année,
bonnes récoltes, autant de gerbes et de gerbillons ».
La bûche
de Noël était un usage très répandu dans presque toutes les provinces
de notre vieille France. Voici, d'après Cornandet, le cérémonial que
l'on suivait dans la plupart des familles : dès que la dernière heure
du jour s'était fondue dans l'ombre de la nuit, tous les chrétiens
avaient grand soin d'éteindre leurs foyers, puis allaient en foule
allumer des brandons à la lampe qui brûlait dans l'église, en l'honneur
de Jésus. Un prêtre bénissait les brandons que l'on allait promener
dans les champs. Ces brandons portaient le seul feu qui régnait dans le
village. C'était le feu bénit et régénéré qui devait jeter de jeunes
étincelles sur l'âtre ranimé.
Cependant, le père de famille,
accompagné de ses enfants et de ses serviteurs, allait à l'endroit du
logis où, l'année précédente, ils avaient mis en réserve les restes de
la bûche. Ils apportaient solennellement ces tisons ; l'aïeul les
déposait dans le foyer et tout le monde se mettant à genoux, récitait
le Pater, tandis que deux forts valets de ferme ou deux garçons
apportaient la bûche nouvelle. Cette bûche était toujours la plus
grosse qu'on pût trouver ; c'était la plus grosse partie du tronc de
l'arbre, ou même la souche, on appelait cela la Coque de Noël (le
gâteau allongé en forme de bûche que l'on donnait aux enfants le jour
de Noël portait encore au début du XXe siècle dans certaines provinces
le nom de coquille ou petite bûche, en patois, le cogneu).
On
mettait le feu à cette Coque et les petits enfants allaient prier dans
un coin de la chambre, la face tournée contre le mur, afin, leur
disait-on, que la souche leur fît des présents ; et tandis qu'ils
priaient l'Enfant-Jésus de leur accorder la sagesse, on mettait au bout
de la bûche des fruits confits, des noix et des bonbons. A onze heures,
tous les jeux, tous les plaisirs cessaient. Dès les premiers tintements
de la cloche, on se mettait en devoir d'aller à la messe, on s'y
rendait en longues files avec des torches à la main. Avant et après la
messe, tous les assistants chantaient des Noëls, et on revenait au
logis se chauffer à la bûche et faire le réveillon dans un joyeux repas.
Dans
la Semaine religieuse du diocèse de Langres du 23 décembre 1905, un
vieil auteur, Marchetti, expose le sens religieux de ces pratiques : «
La bûche de Noël, dit-il, représente Jésus-Christ qui s'est comparé
lui-même au bois vert. Dès lors, continue notre auteur, l'iniquité
étant appelée, dans le quatrième Livre des Proverbes le vin et la
boisson des impies, il semble que le vin répandu par le chef de famille
sur cette bûche signifiait la multitude de nos iniquités que le Père
Eternel a répandues sur son Fils dans le mystère de l'Incarnation, pour
être consumées avec lui dans la charité, dont il a brûlé durant le
cours de sa vie mortelle ».
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